Des médicaments pourraient être activés grâce à la lumière (étude)


VILLIGEN - Des chercheurs de l'Institut Paul Scherrer (PSI) ont étudié un médicament contre l'hypertension qui peut être commandé par la lumière. Ce type de traitement pourrait être activé de manière ciblée dans une seule partie de l’organisme, ce qui réduirait les effets secondaires.

Les scientifiques ont observé un bétabloquant, le photoazolol-1. Comparée à la variante usuelle du médicament, cette molécule possède un groupe d'atomes supplémentaire appelé groupe azobenzène, indique le PSI dans un communiqué publié jeudi.

"Ce groupe d'atomes se rabat lorsqu'on l'expose à la lumière violette. Le photazolol-1 possède alors une partie pliée et devient ainsi globalement beaucoup plus encombrant", explique Quentin Bertrand, l'un des deux premiers auteurs de la publication.

Cette molécule se lie avec un récepteur ce qui empêche l'adrénaline de s'y fixer et de déclencher les réactions habituelles au stress, comme une accélération du pouls et une augmentation de la tension artérielle. Dans la version actuelle du médicament, cette molécule est droite. Dans la nouvelle version, lorsqu'elle est activée par la lumière, elle se courbe et agit ainsi de manière plus passive.


Une première étape

Les médicaments administrés pourraient alors être activés de manière ciblée dans une seule partie de l'organisme en les exposant à la lumière. Dans le reste du corps, le médicament resterait inactif, ce qui réduirait les effets secondaires.

"Il s'agissait pour nous d'observer ce qui se passe précisément au niveau de ces récepteurs lorsqu'un principe actif se modifie par l'action de la lumière", explique Jörg Standfusss, responsable de laboratoire au Centre des sciences de la vie du PSI et co-auteur de l'étude. "Cela représente une étape importante pour que des médicaments photo-commutables puissent devenir une réalité clinique."

Des expériences menées dans un laboratoire espagnol partenaire ont permis de montrer que le principe fonctionne, selon le PSI. Des chercheurs ont fait absorber du photoazolol-1 à des cellules cardiaques à travers une solution nutritive.

Lorsqu'ils les ont exposées à la lumière, ils ont pu contrôler la fréquence à laquelle elles battaient. Les recherches réalisées au PSI ont permis de trouver "la base moléculaire" permettant de comprendre ce mécanisme.

Réactions allergiques

L'équipe de recherche veut désormais élargir la portée de sa recherche en se penchant sur d'autres récepteurs. Par exemple une histamine dont le récepteur joue un rôle dans les réactions auto-immunes.

Ces travaux ont été publiés dans la revue spécialisée Angewandte Chemie International Edition.

Le 19 mars 2026. Sources : Keystone-ATS. Crédits photos: Adobe Stock, Pixabay ou Pharmanetis Sàrl (Creapharma.ch).

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