Les fabricants de médicaments obligés de financer Tox Info
BERNE - Les géants de la pharma devront cofinancer le centre d'appel antipoison Tox Info avec les autorités. Le Conseil fédéral a décidé mercredi de forcer la main aux fabricants de produits chimiques, faute d'accord pour financer le centre qui frôlait la faillite.
Il a été décidé l'année dernière que la Confédération, les cantons et les acteurs privés cofinanceraient Tox Info pour le maintenir à flot après le retrait de ses donateurs. Un accord devait officialiser la chose.
Mais "l'échange entre le Département fédéral de l'intérieur et les représentants des industries chimique et parmaceutique a révélé que ces dernières n'étaient pas disposées à soutenir le centre sur le long terme", indique le gouvernement dans un communiqué.
Le Conseil fédéral va donc adapter la loi, "comme il l'avait annoncé". Le gouvernement avait prévenu qu'il inscrirait le cofinancement dans la loi si aucun accord n'était conclu.
Les autorités entendent ainsi contraindre le secteur, dont les produits causent plus de 70% des cas d'intoxication, à participer au financement du centre. Cette obligation concerne environ 5500 entreprises de produits chimiques et près de 300 dans le domaine des produits thérapeutiques.
Fonds débloqués l'année dernière
Les coûts annuels s'élèveraient à 240 francs pour les premières et près de 5300 pour les secondes. Le projet est mis en consultation jusqu'au 8 février.
Tox Info, dont les frais d'exploitation annuels s'élèvent à un peu plus de 4 millions de francs, souffre depuis des années d'un manque de financement. Le Parlement a débloqué des fonds supplémentaires en décembre dernier.
Le centre, qui gère 24h sur 24 les urgences liées aux intoxications, est appelé environ 40'000 fois par année. La plupart des cas concerne souvent des enfants.
Le 21 octobre 2026. Source: Keystone-ATS. Crédits photos: Adobe Stock, Pixabay ou Pharmanetis Sàrl (Creapharma.ch).