Vers un vaccin universel anti-grippe

WASHINGTON - La pandémie H1N1 de 2009, qui a touché environ 60 millions de personnes aux Etats-Unis, pourrait ouvrir la voie au développement d'un vaccin anti-grippe efficace contre de multiples souches virales. C'est ce qu'indique une étude publiée dans le "Journal Of Experimental Medicine".

"Les résultats de notre recherche sont un peu comme le Saint Graal du vaccin anti-grippe", explique le Dr Patrick Wilson, professeur adjoint de médecine à l'Université de Chicago, principal auteur de l'étude. Ils montrent "comment produire un seul vaccin potentiellement capable de fournir une immunité contre tous les virus de la grippe", selon lui.

Les scientifiques expliquent que les personnes infectées et ayant guéri de la grippe H1N1, soit la plupart d'entre elles, ont eu une réponse immunitaire très puissante, produisant des anticorps qui les protègent contre une variété de souches virales de la grippe saisonnière.

Certaines molécules du virus H1N1 2009 sont similaires à celles d'autres souches de la grippe. Ces molécules, vitales au fonctionnement du virus, sont celles auxquelles réagit le système immunitaire.

Incorporer ces molécules dans un vaccin pourrait mettre fin à l'obligation de prédire chaque année la nouvelle variante du virus de la grippe saisonnière pour rapidement produire en masse un vaccin à l'automne.

Pas varié depuis un siècle

Les médecins ont d'abord analysé la réponse aux anticorps de neuf malades hospitalisés, âgés de 21 à 45 ans. La grippe H1N1 a été plus virulente chez les sujets jeunes et les femmes enceintes, dont certains sont morts.

Les virologues ont isolé les gènes d'anticorps provenant des globules blancs du système immunitaire de ces patients. Ils ont ensuite utilisé ces gènes pour produire 86 anticorps différents et testé leur réaction à un ensemble de souches du virus de la grippe.

Cinq des anticorps isolés ont réagi à tous les virus de type H1N1 de la grippe saisonnière des dix dernières années, ainsi qu'à la souche dévastatrice de la grippe espagnole de 1918 et au virus H5N1 de la grippe aviaire, potentiellement mortel.

Des résultats qui montrent que "malgré les changements du virus d'une année sur l'autre, certains éléments n'ont pas varié depuis près d'un siècle", souligne le Dr Wilson.

ATS: 11 janvier 2011


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