Métier de pharmacien : retour au travail après des années d’absence (ex. éducation des enfants)


ARTICLE POUR PROFESSIONNELS 
Domaine : métier de pharmacien, réinsertion professionnelle 
Mots-clés : réinsertion, retour au travail, famille
Niveau de difficulté de l’article : facile (sur 3 niveaux : facile, moyen et difficile)

Par Pharmama (pharmacienne et blogueuse suisse)

LENZBURG - Comme on le sait, une majorité de femmes travaillent en pharmacie. Le métier de pharmacien est une profession intéressante à bien des égards : assumer une responsabilité personnelle, avoir un salaire correct et pouvoir facilement (en tout cas pour les postes d’adjoint/e) travailler à temps partiel. Autrement dit, plus que la plupart des autres formations universitaires, il est relativement facile de concilier travail et vie de famille. Néanmoins, il y a toujours des « décrocheuses », c’est-à-dire des femmes (surtout) qui prennent une pause plus longue pour diverses raisons. Prendre soin des enfants à temps plein en est souvent la raison principale.

« Déjà après 5 ans »

Par exemple en Allemagne, après une telle pause pour notamment éduquer les enfants, les pharmaciennes retournent au travail statistiquement plus tôt que les assistantes en pharmacie (PTA en allemand). "Déjà" après 5 à 10 ans au lieu de 10 à 15 ans pour les assistantes.
Les raisons sont multiples : pour que les études n'aient pas été vaines, parce qu'il faut gagner de l'argent à nouveau pour aider la famille ou suite à un divorce. Certaines personnes reviennent aussi à la pharmacie après avoir passé du temps dans l'industrie, l'hôpital ou dans d’autres secteurs.

Demande des pharmacies

Les pharmacies d’officine, par contre, recherchent d'urgence des employés notamment dans certaines régions plus reculées de Suisse (ex. stations de montagne) - y compris et surtout des pharmacien/nes. Il y actuellement une pénurie latente de personnel, qui deviendra encore plus aiguë à l'avenir. Car pour le moment, la Suisse ne forme pas assez de jeunes dans les universités pour combler les postes à l'avenir. Le problème s'aggrave d'autant plus que les pharmaciens qui viennent de terminer leurs études universitaires ne peuvent tout simplement pas rester dans la pharmacie et travailler seuls suite à une nouvelle réglementation (HMG en allemand) - ils ont également besoin d'une formation continue (à temps partiel) qui réduit le nombre d'heures passées à la pharmacie.

Période idéale pour les femmes

Le moment est donc plus que « mûr » pour les nouveaux arrivants à la pharmacie, notamment les femmes qui veulent se réinsérer après des années d’absence.

Exemple concret

Mais pendant des années de pause, les choses à la pharmacie changent. Comme pharmacienne gérante en Suisse, j'ai interrogé ma pharmacienne adjointe qui pendant des années après l’université n’a pas travaillé en officine. Voici son témoignage sur ce qui a changé lorsqu'elle est revenue à l'officine : « Beaucoup et peu. Le travail est toujours le même - l'accent étant mis sur le patient et la consultation. Comme j'ai également participé régulièrement à des cours de formations complémentaires pendant cette période d’absence, je n’étais pas totalement hors sujet. Cependant, il y a beaucoup de nouveaux médicaments que j'ai dû apprendre à utiliser et certains anciens, connus, ne sont plus commercialisés ou ont été changés. Mais ce sont des choses qu'on peut apprendre soi-même à l'officine. »

Génériques et assurances maladie

Elle poursuit : « Il en va de même pour les génériques - beaucoup de choses se sont passées ces dernières années : les brevets ont expiré et il y a aujourd'hui beaucoup plus de génériques qu'il y a 10 ans - il y a 20 ans, ils étaient pratiquement inconnus et insignifiants. Aujourd'hui, nous pouvons et devrions utiliser des médicaments génériques..... sous certaines conditions. Les systèmes informatiques de la pharmacie sont très utiles à cet égard. Leur application est facile et rapide à apprendre, même si elles deviennent de plus en plus complexes, pour une raison différente. J'ai eu le plus de problèmes avec tous les changements et les règlements concernant la facturation des assurances maladie. Par exemple, le bébé passait avant par l'assurance maladie de la mère, mais il doit maintenant avoir sa propre assurance. La couverture d'assurance maladie doit être vérifiée pour chaque livraison de médicaments - et il y a plus de polices d'assurance où vous devez payer directement à la pharmacie. Il faut tenir compte des limites - surtout avec les nouveaux médicaments très coûteux, mais aussi ailleurs. Cela prend de plus en plus de temps - et vous devez savoir comment le faire. »

D'autre part, peu de choses ont changé pour les préparations magistrales - et, malheureusement, cela est de moins en moins utilisé ou prescrit de nos jours.

« Win-win » entre employé et employeur

Je lui ai encore demandé s’il y avait des aides comme un cours spécifique ou d’autres « trucs » aidant ces pharmaciennes absentes pendant de longues années à revenir travailler en pharmacie d’officine. Voici sa réponse : « Oui : continuer à se former même pendant son absence. Il est même possible de travailler quelques heures par semaine dans une pharmacie comme adjointe/aide. Des cours de préparation à cette reprise (en allemand : Wiedereinstieg) seraient une bonne idée, mais ils sont rarement offerts. » En effet, parfois Galenica (qui gère ou co-gère en Suisse les Amavita, Sun Store et Coop Vitality) organise des cours spécifiques. Pharmapro.ch vous tiendra éventuellement au courant, dans la rubrique News ou Offres d'emploi, des dates de ces cours.   

La pharmacienne adjointe conclut : « Il est donc conseillé aux employeurs de bien prendre soin de ces pharmaciennes lorsqu'elles reviennent et notamment de les former pendant un certain temps au début de la période de reprise. En retour, vous obtenez des employés bien motivés avec beaucoup d'expériences de vie précieuse (familiale notamment). »  

Le 12 juin 2018. Texte original de Pharmama (pharmacienne blogueuse – pharmama.ch - qui reste anonyme), adapté et traduit en français (grâce à un outil de traduction automatique) par Xavier Gruffat (pharmacien). Sources : voir les références sur la page en allemand (nom original de l’article en allemand : « Wiedereinstieg für Apotheker »).
Remarque : comme Pharmama veut rester anonyme (pour se protéger notamment au niveau juridique sur la protection des données), nous n’avons pas pu citer le nom ou même le prénom et encore moins la pharmacie où travaillent la pharmacienne adjointe et Pharmama. Selon nos informations, Pharmapro confirme qu’autant Pharmama que cette pharmacienne adjointe sont des personnes réelles qui travaillent dans une pharmacie d’officine en Suisse allemande.

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