Coronavirus - Tests antigènes: rapides, mais moins fiables


BERNE - Dès lundi, près de 80'000 tests devaient être disponibles chaque jour en Suisse pour détecter la présence du coronavirus, contre 30'000 précédemment. L'utilisation de tests rapides rend possible cette montée en puissance, même si leur fiabilité est un peu moins bonne que celle du test PCR.

Contrairement aux tests PCR (Polymerase Chain Reaction ou réaction en chaîne par polymérase), ces tests antigéniques ne détectent pas le matériel génétique du virus, mais plutôt certaines protéines sur l'enveloppe du virus. Un écouvillon du nasopharynx est utilisé pour l'échantillon, qui est plongé dans un liquide puis déposé sur une bande de papier. Les résultats sont disponibles après environ 15 minutes.

L'augmentation de 50'000 tests rapides par jour, en plus des 30'000 tests PCR, permet ainsi de disposer de résultats très vite, d'informer les gens dans la foulée et donc d'isoler les patients atteints sans perdre de temps, a déclaré Franziska Suter-Riniker de l'Université de Berne à Keystone-ATS.


Charge virale élevée: bonne détection

Si aucun test n'est exempt d'erreur, les tests rapides sont moins précis que la détection par PCR et les personnes malades sont moins souvent détectées. Les premiers résultats de deux tests rapides de Roche et Abbott au Centre universitaire de médecine générale et de santé publique de Lausanne (Unisanté) ont montré que les tests rapides détectent 85 % des personnes infectées par rapport aux tests PCR.

Le test était en revanche efficace chez 94% des patients particulièrement infectieux. Un résultat négatif n'exclut donc pas une infection au SRAS-COV-2, souligne Franziska Suter-Riniker.

Il existe également des tests rapides basés sur la PCR, mais ils ne sont actuellement disponibles qu'en nombre limité et sont utilisés pour les patients gravement malades.

Contagieux avant l'apparition des symptômes

Les tests rapides ne devraient être utilisés que sur les personnes qui présentent des symptômes, avait indiqué le Conseil fédéral mercredi dernier quand il a annoncé l'introduction des tests rapides. Des études ont cependant montré qu'on peut déjà avoir une charge virale élevée avant l'apparition de la maladie.

Ces patients, dits pré-symptomatiques, sont également un problème dans la propagation de la maladie, comme le constate une équipe dirigée par l'épidémiologiste Nicola Low de l'Université de Berne, dans une étude antérieure. La validité des tests antigènes avant l'apparition des symptômes peut cependant être très limitée; son utilisation n'est donc pas recommandée dans ces circonstances, a poursuivi Franziska Suter-Riniker.

Les groupes à risque sont également exclus des tests rapides, ce qui est raisonnable d'un point de vue diagnostique et médical, selon la chercheuse. Les patients symptomatiques d'un groupe à risque doivent être testés avec la méthode la plus fiable, selon l'état actuel des recherches.

Le 2 novembre 2020. Sources : Keystone-ATS. Crédits photos: Adobe Stock, Pixabay ou Pharmanetis Sàrl (Creapharma.ch).

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