Après la nouvelle hausse, l'ombre de la caisse unique plane

Primes maladie 2027, actuellement plus de 30 caisses


BERNE - La nouvelle hausse des primes d'assurance maladie annoncée mardi vient entamer le pouvoir d'achat de la population. Celle-ci pourrait bien se laisser séduire par les projets de caisse unique avancés par la gauche, estime la presse romande.

"Qui sème les coûts récolte la caisse unique", titre Le Temps dans un éditorial. Selon lui, les ménages n'acceptent plus le système qui mène à ces augmentations récurrentes. Un système "où, pour presque chaque acteur, la solution rationnelle consiste à facturer davantage".

Le niveau des primes est désormais la première préoccupation des Suisses dans les enquêtes d’opinion, abondent 24 heures et la Tribune de Genève, parlant de "la facture de trop". Au-delà des primes, c’est le pouvoir d’achat qui préoccupe. La classe moyenne notamment, qui se sent étranglée.

Et les deux journaux lémaniques de rappeler que Genève en 2024 et Vaud dimanche ont accepté des baisses d'impôts, comme l'avaient fait avant eux Bâle-Ville et Lucerne. L'acceptation d'une 13e rente AVS il y a deux ans va aussi dans ce sens.

Dans ce contexte, les sondages montrent une sympathie de la population pour les projets visant à créer une caisse unique ou à lier les primes au revenu. "Ces solutions peuvent sembler imparfaites mais, quand même des Suisses peu enclins à bouleverser leurs institutions veulent renverser la table, c’est que le malaise est profond", écrivent les deux journaux du groupe Tamedia.

"Hôpitaux, médecins, pharma et assureurs n’ont plus beaucoup de temps pour prouver que la liberté coûte moins cher que l’Etat", renchérit Le Temps. "Le jour où la Suisse dira oui à une caisse unique, ce ne sera pas la gauche qui aura gagné. Ce sont eux qui auront perdu."


Des remèdes radicaux

Les journaux alémaniques partagent largement l'analyse. Si on ne parvient pas à ramener la hausse à un niveau acceptable, 2 à 3%,, les solutions radicales finiront par rallier une majorité", écrit le Tages-Anzeiger. Et le quotidien zurichois de citer lui aussi une caisse unique, ou l'extension de la réduction des primes à l'ensemble de la classe moyenne.

La NZZ relève pour sa part un manque de responsabilisation dans la population. Pour que les patients ne se rendent pas chez le médecin pour un simple rhume, il faudrait renforcer l’éducation à la santé dès la scolarité, écrit l'autre quotidien zurichois. L’acquisition de ces connaissances est certes inscrit dans le programme scolaire suisse, mais l’enseignement n’est pas encore suffisamment efficace.

Si aller chez le médecin pour un simple rhume est agaçant, aux yeux de la NZZ, ce n'est toutefois pas ce genre d'attitude qui grève les coûts de la santé, reconnaît la NZZ. Les véritables postes de dépenses importants sont les hôpitaux et les cabinets médicaux. Il est donc d’autant plus important que la Confédération et les cantons mettent en place les incitations adéquates pour organiser les soins de santé de manière efficace, coordonnée et transparente.

Le 30 septembre 2026. Source: Keystone-ATS. Crédits photos: Adobe Stock, Pixabay ou Pharmanetis Sàrl (Creapharma.ch).

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