Des millions de décès cardiaques liés à une mauvaise alimentation

La consommation excessive de viande transformée et de boissons sucrées responsable de nombreux décès


BERNE - Chaque année dans le monde, plus de quatre millions de personnes meurent de maladies cardiaques liées à une mauvaise alimentation. Ce sont les conclusions d'une nouvelle étude à grande échelle. En Suisse également, plus de 4000 personnes sont décédées en un an à cause de ce phénomène.

La plupart de ces décès sont dus à des lacunes alimentaires comme une consommation insuffisante de noix et de graines, de céréales complètes et de fruits, ainsi qu'une consommation excessive de sel, écrivent les chercheurs dans une étude publiée le 30 mars 2026 dans la revue spécialisée Nature Medicine (DOI : 10.1038/s41591-026-04250-8).

D'autres facteurs souvent évoqués: les boissons sucrées, les acides gras trans ou une consommation élevée de viande rouge et de viande transformée.

Pour cette étude, un consortium international de chercheurs dirigé par Min Seo Kim du Massachusetts General Hospital à Boston (Etats-Unis) a analysé des données de santé provenant de 204 pays et régions sur la période allant de 1990 à 2023. Des centaines de scientifiques issus de nombreux instituts de recherche à travers le monde ont participé à cette étude, dont des chercheurs suisses.

L'étude a porté sur l'influence de l'alimentation sur les maladies cardiaques dites ischémiques. Il s'agit de pathologies dans lesquelles le muscle cardiaque n'est plus suffisamment alimenté en sang et en oxygène en raison du rétrécissement ou de l'obstruction des artères coronaires. Elles comptent parmi les causes de décès les plus fréquentes dans le monde.


Des millions d'années de vie perdues

Selon l'étude, en 2023, une alimentation sous-optimale était associée à 4,06 millions de décès dus à des cardiopathies ischémiques dans le monde. A cela s'ajoutaient 96,84 millions d'années de vie perdues dans ce contexte, en raison de décès prématurés ou de maladies.

La Suisse se situe nettement en dessous de la moyenne mondiale: dans notre pays, les chercheurs ont établi un lien entre une mauvaise alimentation et environ 4200 décès ainsi que 65'700 années de vie en bonne santé perdues pour l'année 2023.

Cela correspond à 18,6 personnes pour 100'000 habitants, alors que la moyenne mondiale, avec 45 décès pour 100'000 habitants, est plus de deux fois plus élevée. Il s'agit de chiffres standardisés selon l'âge, ils ont donc été ajustés comme si tous les pays avaient la même structure d'âge.

Chiffres en baisse

Malgré ces chiffres absolus élevés, les auteurs soulignent également une baisse à long terme: au niveau mondial, le taux de mortalité ajusté en fonction de l'âge pour les maladies cardiaques liées à l'alimentation a diminué d'environ 44% au cours des dernières décennies.

Cette évolution a toutefois été très variable d'une région à l'autre. Les baisses les plus importantes depuis 1990 ont ainsi été enregistrées en Australie (-77%), en Europe occidentale (-70%) et dans les régions à revenus élevés d'Amérique du Nord (-64 %).

En Suisse, la baisse, d'environ 72%, a été d'une ampleur similaire à celle observée dans le reste de l'Europe occidentale.

Carence et surabondance comme causes

Dans les pays industrialisés, la consommation excessive de viande transformée et de boissons sucrées serait souvent responsable de nombreux décès. Dans les pays en développement, en revanche, les causes seraient fréquemment la malnutrition et un accès limité à des aliments protecteurs tels que les produits à base de céréales complètes, les fruits et les légumes.

Les auteurs de l'étude ont appelé à la mise en place de mesures ciblées visant à la fois à promouvoir la consommation d'aliments protecteurs et à réduire celle de produits nocifs.

Ils font valoir que des mesures ciblées sont nécessaires pour s'attaquer à la fois à la faible consommation d'aliments protecteurs et à la forte consommation de composants alimentaires nocifs. Ils soulignent également dans l'étude que leurs résultats reposent sur des données d'observation et ne peuvent donc pas prouver de liens de causalité directs.

A retenir de l'étude : 

  • Une mauvaise alimentation reste un facteur majeur de maladies cardiaques (cardiopathie ischémique) : en 2023, elle est associée à plus de 4 millions de décès.
  • Les principaux facteurs alimentaires de risque sont : faible consommation de céréales complètes, d’oméga-6, de noix et graines et consommation élevée de sodium.
  • De fortes disparités régionales existent : baisse importante en Europe occidentale et en Amérique du Nord depuis 1990, mais hausse en Afrique subsaharienne centrale, avec des profils différents entre sous-nutrition (pays en développement) et surconsommation d’aliments nocifs (pays développés).

Quatre questions fréquentes (FAQ) basées sur cette étude :

Quel est l’impact d’une mauvaise alimentation sur la cardiopathie ischémique ?
Une alimentation déséquilibrée est l’un des principaux facteurs de risque modifiables. En 2023, elle a été associée à plus de 4 millions de décès et à près de 97 millions d’années de vie perdues en bonne santé dans le monde.

Quels éléments alimentaires augmentent le plus le risque ?
Les principaux facteurs sont une faible consommation de céréales complètes, d’acides gras oméga-6, de noix et graines, ainsi qu’une consommation élevée de sodium.

Existe-t-il des différences entre régions du monde ?
Oui, les pays développés ont généralement réduit l’impact grâce à de meilleures habitudes alimentaires, tandis que certaines régions comme l’Afrique subsaharienne centrale ont connu une augmentation, souvent liée à un accès limité à des aliments protecteurs.

Quelles sont les limites de cette étude ?
L’étude repose en partie sur des données observationnelles et des bases de données hétérogènes selon les pays. Certains facteurs non mesurés peuvent aussi influencer les résultats.

Le 30 mars 2026. Sources : Keystone-ATS. Paragraphes sur "A retenir de l'étude" et les FAQs ont été réalisés avec l'aide de l'IA. Contrôle du texte par Xavier Gruffat (pharmacien)
Crédits photos: Adobe Stock, Pixabay ou Pharmanetis Sàrl (Creapharma.ch).

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