Le cannabis en vente dans certaines pharmacies de la ville de Berne


BERNE - La ville de Berne a lancé cette semaine son projet de vente régulée de cannabis, pour lequel 700 participants ont été admis. Ils peuvent acheter leurs produits en toute légalité et sous différentes formes dans les pharmacies agréées.

Les participants sont à 80% des hommes, âgés généralement entre 25 et 60 ans. Ils ont dû prouver, lors d'un entretien prolongé et via des tests d'urine, qu'ils sont déjà des consommateurs réguliers de chanvre pour être acceptés dans ce projet baptisé "étude-Script" et mené conjointement avec les villes de Bienne et de Lucerne, pour un total de 1000 personnes, ont expliqué vendredi à Berne les responsables de l'opération.

L'originalité du projet, par rapport à d'autres du même type lancés notamment à Zurich, Genève ou Lausanne, réside dans la gamme des produits proposés et dans l'évaluation suivie au cas par cas des participants, comparée à un groupe témoin. "Le but final est de réduire les risques pour le consommateur", a relevé la conseillère municipale Franziska Teuscher.


En finir avec l'hypocrisie

L'élue des Vert-e-s a expliqué qu'il était temps de mettre fin à l'"hypocrisie" : les autorités savent bien depuis longtemps que le cannabis est assez largement consommé et qu'il existe un marché noir.

Ce projet est une façon de tenir compte cette réalité et de reprendre la main. La consommation, selon la Ville de Berne, est "stable à un haut niveau depuis des années", et le cannabis reste la substance illégale la plus recherchée.

Une des difficultés a été la fixation du prix de vente dans les pharmacies. Les initiateurs de Script sont tenus de considérer le prix du gramme sur le marché noir, qui oscille entre 3 et 25 francs, avec une moyenne de 10 francs, a précisé Reto Auer, directeur de l'étude et spécialiste de la consommation de substances à l'Université de Berne.

Les pharmaciens auront pour mission de conseiller leurs clients-consommateurs de manière à ce qu'ils adoptent un usage le moins risqué possible, et si possible qu'ils renoncent à fumer, que ce soit le cannabis ou la cigarette.

Pour ce faire, outre quatre fleurs de cannabis différentes, la palette des produits proposés comprend des joints électroniques, des vaporisateurs de cannabis, divers sprays buccaux et deux sortes de résines, notamment.

Pas de simple sommeliers de cannabis

"Nous ne voulons pas être de simples sommeliers du chanvre mais de véritables conseillers santé", a déclaré Martin Beyeler, directeur de la Pharmacie de l'Uni-Tobler.

L'étude doit durer quatre ans. Pour les candidats pas admis dans un premier temps, il existe une liste d'attente. Avant d'être admis, ils continueront à s'approvisionner sur le marché noir, ce qui permettra, une fois qu'ils auront intégré le projet, d'effectuer des comparaisons avec les participants acceptés immédiatement.

Les initiateurs de l'étude se disent "convaincus que les données récoltées fourniront de riches enseignements aux politiques". A terme, estime M. Beyeler, le projet est susceptible de faire économiser d'énormes sommes d'argent à la collectivité" via la réduction des risques et des conséquences d'une consommation incontrôlée.

Le 5 avril 2024. Sources : Keystone-ATS. Crédits photos: Adobe Stock, Pixabay ou Pharmanetis Sàrl (Creapharma.ch). Rajout du no DOI par Xavier Gruffat (pharmacien).

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