Virus du Nil occidental : un anticorps multiplie les risques

Etude genevoise


BERNE - Un anticorps présent chez certaines personnes peut multiplier le risque de développer une encéphalite après une infection au virus du Nil occidental. C'est ce qui ressort d'une étude clinique internationale coordonnée entre autres par les Hôpitaux universitaires de Genève (HUG) et la Rockfeller University de New York.

Le virus du Nil occidental est longtemps resté cantonné à des zones tropicales, rappelle les HUG dans un communiqué vendredi. Mais, à cause du dérèglement climatique, il gagne du terrain en Europe. Le virus s'est installé en Italie du Nord, autour de la plaine du Pô et est aussi présent au Tessin. Il se transmet par des moustiques et des tiques infectés.

La plupart du temps, une infection au virus du Nil occidental est sans conséquences. Dans 20% des cas, elle évolue vers des symptômes de type grippaux et dans environ 0,5% des cas vers des formes graves, caractérisées par des encéphalites menant à d'importantes séquelles neurologiques ou à une issue fatale chez une personne sur cinq.

Même si ces formes graves restent rares, elles suffisent à saturer les centres de soins lors de flambées épidémiques, soulignent les HUG. En l'absence actuelle de traitement, il est donc utile de mieux identifier les personnes qui seraient susceptibles de développer des formes graves et de mettre en place des démarches préventives.


Risque jusqu'à 2000 fois plus grand

C'est le but de l'étude conduite par les HUG. Ses résultats montrent que les personnes qui ont dans le sang des anticorps auto-immuns, appelés anticorps anti-interférons, ont plus de risque de développer une encéphalite d'un facteur de 20 à 2000 fois, que les personnes dont le sang ne contient pas cette molécule.

Ces anticorps anti-interférons ont en effet la caractéristique de neutraliser les messagers du système immunitaire que sont les interférons de type I. Les personnes qui possèdent ces anticorps "vivent sans le savoir avec une vulnérabilité invisible", explique, cité dans le communiqué, le professeur Alessandro Borghesi des HUG.

Cette découverte sur le pouvoir nuisible de ces anticorps "ouvre des perspectives concrètes". Un dépistage pourrait être envisagé, en particulier chez les personnes âgées de plus de 65 ans, davantage à risque de développer des formes graves, soulignent les HUG. Des mesures préventives pourraient alors être prises envers ces individus.

Les personnes classées dans la catégorie à risque pourraient bénéficier d'une vaccination si un jour un vaccin est mis au point. De plus, ajoutent les HUG, cette découverte ouvre la porte à la meilleure compréhension de formes graves issues d'autres virus, comme l'encéphalite à tiques, le Covid-19 ou la grippe.

Les résultats de l'étude dirigée par les HUG font l'objet d'un article dans la revue spécialisée Journal of Human Immunity (DOI : 10.70962/jhi.20250189).

Le 13 mars 2026. Sources : Keystone-ATS. Crédits photos: Adobe Stock, Pixabay ou Pharmanetis Sàrl (Creapharma.ch).

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