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La pharmacie d'aujourd'hui et de demain : Vision et idées novatrices de jeunes pharmaciens (Part. 2)

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ARTICLE POUR PROFESSIONNELS 
Domaine : Pharmacie, santé
Mots-clés : Jeunes pharmaciens, avenir de la profession
Niveau de difficulté de l’article : facile (sur 3 niveaux : facile, moyenne et difficile)

LAUSANNE - Pharmapro vous livre la deuxième partie de l’article concernant les visions et les idées novatrices de jeunes pharmaciens*. Pour rappel, ces derniers ont obtenu leurs diplômes il y a moins de 5 ans. Pour cette deuxième partie, nous nous intéressons à la place du pharmacien dans le système de santé : collaborations interdisciplinaires et prévention des maladies chroniques entre autres.

Pharmapro - Que pensez-vous apporter ou vouloir apporter à la profession ?
Jeunes pharmaciens* - Au sortir de leurs études et après quelques années de pratique, les jeunes pharmaciens interrogés sont encore plein d’énergie. Ils souhaitent en général apporter leur professionnalisme, leur idéologie ainsi que du dynamisme. Ils espèrent apporter une bonne image du métier en tenant leurs connaissances à jour et en se formant dans de nouvelles compétences qui se développent : comme la vaccination, par exemple et ceci pour renforcer la place du pharmacien dans le système de santé.

Un pharmacien rappelle cependant qu’il ne faut pas oublier les connaissances spécifiques au pharmacien, comme la galénique et en même temps faire évoluer le métier vers une position incontournable dans les soins de base.

Comment voyez-vous l'avenir de la profession, par ex. dans le domaine de la prévention des maladies chroniques, le pharmacien a-t-il un rôle à jouer ?
Les marges ne cessant de diminuer, il est nécessaire au pharmacien de se réinventer, de croire que son métier peut évoluer dans un sens positif, comme le mentionne une des jeunes pharmaciennes interrogées. Le pharmacien a clairement un rôle plus important à jouer à l’avenir, notamment dans la prévention des maladies chroniques. Il est important que le pharmacien ose prendre cette place. Cela nécessite également une plus grande collaboration avec les médecins, en devenant partenaires et non concurrents, pour l’intérêt du patient. Ce dernier doit toujours être placé au centre de nos préoccupations.

Une pharmacienne mentionne d’ailleurs le rôle important du pharmacien dans l’adhésion médicamenteuse. Pour elle, le pharmacien est une aide précieuse pour une bonne compliance et renforcer le message du médecin. L’entretien de polymédication est un outil intéressant pour aider le patient dans ce sens, afin de l’aider à bien comprendre sa médication et aussi à mieux l’intégrer dans sa vie quotidienne.

Fait intéressant relevé par un des pharmaciens interrogés : le pharmacien doit avoir des connaissances toujours plus cliniques et moins scientifiques uniquement. Cela lui permettra d’accompagner plus efficacement le patient chronique dans son quotidien. 

Quel est le plus grand défi (challenge) dans la profession de pharmacien ?
Le métier de pharmacien est rempli de défis. En tant qu’entrepreneur, il doit rester rentable, malgré la pression sur les prix des médicaments. Il doit développer différents aspects qui n’ont pas été étudiés durant ses études, comme l’entrepreneuriat, le management, le marketing,… Il a aussi la possibilité de parfaire ses aspects lors de formations continues (proposés par différents instituts) ou postgrades, comme le FPH en pharmacie d’officine, par exemple.

Il lui est également nécessaire de faire accepter aux patients les prestations (notamment les validations) et oser les proposer contre rémunération. En effet, le pharmacien a trop longtemps été payé par sa marge. Raison pour laquelle il pouvait proposer gratuitement, en son temps, des prestations comme la prise de la pression, le pansement des plaies ou encore le retrait d’une tique. Quel professionnel peut se permettre d’être toujours disponible sans rendez-vous et d’effectuer gratuitement ces prestations ? Le métier de pharmacien a bien évolué. Il a désormais à sa disposition des algorithmes pour des cas courants, pouvant être traités en urgence dans son officine, comme le propose Netcare. Il peut aussi se former pour la vaccination en permettant ainsi d’augmenter la couverture vaccinale de la population en touchant le plus grand nombre. Le pharmacien vise ici les personnes en bonne santé qui n’ont pas forcément de médecins de famille.

Le pharmacien, scientifique à part entière, peut également devenir un coach redoutable pour les problèmes de santé que sont le tabagisme ou l’adhésion médicamenteuse, en proposant des entretiens avec les patients. Ces entretiens sont fortement utiles, car ils permettent d’être à l’écoute du patient, au-delà de sa maladie, de son traitement. On cherche à comprendre quels sont les défis de ce dernier dans la prise journalière de ses médicaments, son quotidien et surtout, comment l’améliorer.

Il existe également d’autres prestations demandant au pharmacien de se former et de les promouvoir comme les allergies, le risque cardiovasculaire, etc…

Ainsi, comme mentionné très justement par un jeune pharmacien, il est primordial pour le pharmacien de ne pas s’endormir dans la routine. Il lui faut travailler à la mise en place d’une vision pérenne, même si elle coûte initialement en temps et en argent : coût de la formation, temps pour se former, coût pour se faire remplacer, etc.

Comment faire pour améliorer la relation et collaboration entre pharmaciens, médecins et autres acteurs du système de santé ?
A cette question, les pharmaciens interrogés n’ont pas manqué d’idées. Ils ont par exemple proposé des cours en commun durant le cursus universitaire. Ils ont aussi mentionné les cercles de qualité.

Mais le plus important selon eux, est la rencontre, les échanges et la compréhension de chaque métier : se considérer comme partenaires et non comme concurrents. Autrement dit, respecter le métier de l’autre, comprendre et garder à l’esprit que chacun a sa spécialité, reconnaître les compétences propres à chaque profession. Pour compléter ce point, le pharmacien doit être cohérent, compétent et disponible. Il s’agit de tisser des liens personnels et de confiance avec chaque médecin. D’après ce jeune pharmacien, cela est un prérequis indispensable à tout pont entre professionnels de la santé : marcher main dans la main, avoir une vision globale du système de santé avec le patient au centre, comme première priorité.

Comment lutter contre la baisse continuelle du prix des médicaments sur ordonnance décidée par le Conseil Fédéral. De quels moyens concrets disposent les pharmaciens et leurs associations professionnelles ?
Il est difficile de lutter contre cette baisse du prix des médicaments mais un point important est de ne pas seulement comparer le prix des médicaments avec les pays voisins afin de justifier une baisse de prix, mais de tenir compte aussi du coût de la vie en Suisse, des charges et des salaires suisses, qui sont nettement plus élevés que ceux de nos pays voisins. Ceci est le point essentiel pour se défendre en tant que pharmacien, affirme une des jeunes pharmaciennes interrogées. Ainsi, le prix du médicament est un point de comparaison sorti du contexte.

Pour un autre, il est essentiel que les politiques saisissent et définissent le rôle des médicaments. S‘ils sont une denrée commerciale...alors les marges doivent être suffisantes au moins pour subvenir aux frais logistiques et frais de personnels associés. S’ils sont un bien de santé qui doit être au plus bas prix, alors le salaire du personnel, les coûts d'entreprise doivent être couverts par d'autres rémunérations tarifées. Selon lui, le modèle de comparaison est aberrant. Les coûts de production, salaires, coûts de grossistes, etc. ne sont pas comparables en France et en Suisse. Pourquoi donc se borner à comparer les prix ? Compare-t-on les prix des pommes à la Migros et à Carrefour ? 

Comme solutions proposées, il y a les prestations, un des meilleurs moyens pour lutter contre la baisse continuelle des prix qui semble inévitable.

Conclusion
Le métier de pharmacien a bien évolué. Autrefois scientifique logisticien, il est à présent fournisseur de prestations et réel collaborateur du médecin, deux métiers totalement complémentaires, avec un but commun : la santé du patient. Les réponses apportées par ces jeunes pharmaciens donnent de l’espoir. Nous sommes confiants que la relève, dynamique et enthousiaste, saura se frayer un chemin et rendre la profession de pharmacien toujours plus intéressante.

La première partie de l’article est disponible pour les pharmacies ayant un abonnement BUSINESS ou UNLIMITED. Ces abonnements sont disponibles sur le lien suivant : https://www.pharmapro.ch/fr/abo

Interview réalisée par e-mail par Mme Van Nguyen (Pharmacienne) en mai 2017. Première publication sur Pharmapro.ch : 19.10.2017. 

*Noms connus de la rédaction

REFERENCES

FORMATIONS CONTINUES ET POSTGRADES
- Sociétés cantonales de pharmacie
- Société suisse des pharmaciens
- CAP

PRESTATIONS EN PHARMACIE
- Netcare
- Vaccination en pharmacie
- Entretiens de polymédication
- Entretiens stop tabac




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