Une allergie ponctuelle ne signifie pas nécessairement une allergie chronique (étude)
Ces résultats remettent en question la vision traditionnelle d’une sensibilisation figée
VIENNE - Le fait d’avoir développé une allergie ne signifie pas nécessairement que l’on doive y être confronté toute sa vie. C’est ce que démontre une étude scientifique menée par des experts viennois. Chez les personnes de plus de 60 ans en particulier, la sensibilisation à certains allergènes peut disparaître.
Les scientifiques, principalement issus de l’Institut Ludwig Boltzmann pour la santé pulmonaire basé en Autriche et dirigé par Robab Breyer-Kohansal, ont analysé sur une longue période les données de l’étude viennoise LEAD, une étude épidémiologique à long terme. « La sensibilisation allergique est traditionnellement considérée comme une caractéristique stable, bien que des études suggèrent qu’elle puisse varier au cours de la vie », ont écrit les scientifiques dans la revue spécialisée Clinical and Translational Allergy (DOI : 10.1002/clt2.70181). L'étude a été publiée le 12 juin 2026.
L'objectif de cette étude était d'analyser, sur une longue période, la fréquence de la sensibilisation allergique au sein d'un groupe de personnes issues de la population générale, ainsi que les éventuelles évolutions dans le temps. Au total, les données de 5046 personnes, qui avaient subi à trois reprises, à des intervalles moyens d'un peu plus de quatre ans, des tests cutanés d'allergie, étaient disponibles.
Il en est ressorti que les allergies ne constituent pas nécessairement un problème à vie. « Parmi les 5046 personnes ayant fait l’objet d’un suivi et pour lesquelles les résultats des tests cutanés (SPT) étaient disponibles lors des trois visites, 54,4% sont restées stables et non sensibilisées, tandis que 30,6% sont restées stables et sensibilisées ; chez 5,6%, la sensibilisation a disparu, et chez 4,8%, une nouvelle sensibilisation est apparue. 4,6% des participants ont présenté des résultats fluctuants », ont écrit les scientifiques.
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Facteurs liés à l'âge, à l'environnement et au mode de vie
De nouvelles sensibilisations sont apparues au cours de la période d'observation, principalement chez les participants âgés de moins de 18 ans. En revanche, c'est dans la tranche d'âge des plus de 60 ans que cette prédisposition aux symptômes allergiques avait le plus de chances de disparaître. Entre ces deux extrêmes, on observait plus fréquemment une évolution de la situation immunologique. Une sensibilisation stable à un allergène était le plus souvent associée à des antécédents familiaux. Des résultats fluctuants étaient par exemple plus fréquents en cas d’obésité (chez les plus de 40 ans) et à la suite d’expositions environnementales.
Les analyses portant sur des allergènes spécifiques présents dans l’air ont montré que les nouvelles sensibilisations étaient principalement dues à des allergènes extérieurs (ambroisie, pollens d’arbres et animaux domestiques), tandis que les résultats fluctuants concernaient surtout les pollens saisonniers.
Bien que la sensibilisation allergique soit majoritairement stable, elle est dynamique et présente des fluctuations temporelles considérables. Des rémissions et des fluctuations surviennent dans toutes les tranches d’âge, et de nouvelles sensibilisations peuvent apparaître jusqu’à l’âge adulte.
« Ces résultats remettent en question la vision traditionnelle d’une sensibilisation figée et suggèrent qu’elle reflète un phénomène évolutif, influencé par l’âge ainsi que par des facteurs environnementaux et liés au mode de vie », ont constaté les scientifiques.
Le 16 juin 2026. Source: Keystone-ATS (via AFP). Traduction via Deepl d'une news en allemand de Keystone-ATS. Contrôle par Xavier Gruffat (pharmacien). Crédits photos: Adobe Stock, Pixabay ou Pharmanetis Sàrl (Creapharma.ch).
