La Coupe du monde attise les risques liés aux paris sportifs
BERNE - La Coupe du monde de football constitue une période à risque pour les personnes vulnérables en matière de paris sportifs. Addiction Suisse met en garde contre la multiplication des sollicitations, alors que les paris en direct, la publicité et l'explosion de l'offre favorisent les comportements problématiques.
L'édition 2026 de la Coupe du monde offre davantage de possibilités de paris que toutes les précédentes. Les paris en direct et les paris combinés présentent un risque particulièrement élevé, car ils favorisent les décisions impulsives. Selon Addiction Suisse, interrogée par Keystone-ATS, beaucoup de parieurs surestiment également l'influence de leurs connaissances footballistiques sur leurs chances de gain.
En Suisse, aucun suivi systématique ne permet d'établir un lien direct entre les grandes compétitions sportives et les demandes d'aide. Les expériences menées à l'étranger suggèrent toutefois un effet.
Après le Mondial 2022, l'organisme britannique GamCare a enregistré une hausse d'environ 11% des sollicitations. En Autriche également, la clinique spécialisée Anton Proksch Institut de Vienne fait état d'une forte augmentation des demandes d'aide liées aux jeux d'argent, en particulier aux paris sportifs.
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Augmentation des comportements problématiques
Les dernières données fédérales disponibles montrent que le phénomène n'est pas marginal. En 2022, 5,8% des personnes âgées de 15 ans et plus présentaient un comportement de jeu à risque en Suisse, tandis que 0,8% souffraient d'un problème de jeu pathologique.
Une étude d'Addiction Suisse et du Groupement romand d'études des addictions (GREA) montre en outre que la proportion de joueurs en ligne présentant un comportement problématique a plus que doublé entre 2018 et 2021. Selon l'organisation, cette évolution est largement indépendante des grands événements sportifs, même si ceux-ci contribuent à l'alimenter.
S'autolimiter
Pour limiter les risques, Addiction Suisse recommande notamment de fixer à l'avance un budget dont la perte reste supportable, de ne jamais tenter de récupérer ses pertes en rejouant et d'éviter de parier sous l'effet de l'alcool, du stress ou de fortes émotions.
L'auto-exclusion constitue un autre moyen de protection pour les personnes confrontées à un comportement de jeu problématique. L'an dernier, 8021 personnes ont demandé à être interdites de jeux dans un casino en Suisse, soit 45% de toutes les interdictions. En 2024, ce chiffre était de 7480.
Dans la majorité des cas, les interdictions sont toutefois prononcées par les casinos eux-mêmes, notamment lorsque le joueur est surendetté ou ne parvient plus à honorer ses obligations financières. Les proches peuvent également signaler une situation préoccupante à un établissement, qui peut prononcer une exclusion si les conditions légales sont remplies.
Le nombre d'interdictions de jeux ne cesse d'augmenter en Suisse. Depuis 2019, année où les casinos ont été autorisés à proposer des jeux en ligne, ces mesures progressent fortement. Auparavant, la Commission fédérale des maisons de jeu (CFMJ) en enregistrait environ 3500 par an.
Pour mieux atteindre les groupes à risque, les cantons ont lancé cette année la campagne Game-Changer.ch. Diffusée sur les réseaux sociaux, elle s'appuie sur l'engouement suscité par le Mondial de hockey sur glace en Suisse et la Coupe du monde de football.
Ces campagnes de prévention ne sauraient toutefois remplacer des mesures structurelles, estime Addiction Suisse. L'organisation réclame une interdiction stricte de la publicité pour les paris sportifs, en particulier lorsqu'elle est susceptible de toucher des enfants et des adolescents. Elle plaide également pour un renforcement de la protection des mineurs.
Le 17 juillet 2026. Source: Keystone-ATS. Crédits photos: Adobe Stock, Pixabay ou Pharmanetis Sàrl (Creapharma.ch).
