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La flore intestinale semble jouer un rôle important dans le développement de la sclérose en plaques

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MUNICH - La flore intestinale, appelée aussi microbiote, peut déclencher la sclérose en plaques (SEP). Ces conclusions proviennent d’une étude réalisée sur 35 paires de vrais jumeaux (humains) et des souris génétiquement modifiées. Pour chaque paire de jumeaux, l’un des deux souffrait de SEP et l’autre non. Comme les jumeaux sont génétiquement identiques, les scientifiques ont pu se concentrer sur les différences au niveau des bactéries intestinales. Par la suite, les chercheurs ont transféré des bactéries intestinales des jumeaux atteints de SEP sur des souris.

Sclérose en plaques

En Suisse, on estime qu’environ 10'000 personnes souffrent de SEP et dans le monde environ 2,5 millions. Les pays du nord avec moins d’ensoleillement sont beaucoup plus touchés par la maladie que ceux plus proches de l’équateur. Par exemple le Brésil (207 millions d'habitants) qui est seulement environ 1 tiers moins peuplé que les États-Unis (325 millions) compte 35'000 cas de SEP contre presque 10 fois plus de cas aux États-Unis avec 400'000 personnes touchées. La SEP est incurable, mais la thérapie médicamenteuse permet de ralentir l’avancée de la maladie et de diminuer l’intensité des symptômes.

Maladie complexe

La sclérose en plaques est l’une des principales maladies inflammatoires du système nerveux central. Une combinaison de facteurs génétiques et environnementaux serait à l’origine du déclenchement de la maladie, selon la communauté scientifique. Récemment, des études ont montré que certains agents infectieux (ex. virus de l’herpès) pourraient déclencher la maladie comme l’a montré un travail de recherche publié dans la revue Scientific Reports en 2017. Une carence en vitamine D est aussi une cause avancée par certains spécialistes, mais cette théorie fait l'objet de controverses parmi la communauté scientifique (découvrez plus d'informations à ce sujet sur notre site partenaire Creapharma.ch, tapez dans le champ de recherche "vitamine D et sclérose en plaques").

La SEP est une maladie auto-immune, car les propres cellules du système de défense de l’organisme comme les macrophages attaquent les cellules nerveuses et détruisent les gaines de myéline. Les macrophages ont la capacité d'attirer les lymphocytes T, ces derniers peuvent être activés par les bactéries intestinales.

Microbiote

Depuis quelques années, des chercheurs se sont penchés sur l’influence de la microbiote comme agent déclencheur de la SEP. Dans des modèles réalisés sur les animaux, les scientifiques ont pu montrer que les bactéries intestinales pouvaient déclencher la SEP, mais des études réalisées sur l’être humain se sont montrées jusqu’à présent peu concluantes. Rappelons que nous avons presque 10 fois plus de bactéries que de cellules humaines.

Résultats

Dans cette étude, les scientifiques ont transplanté les bactéries intestinales des jumeaux souffrant de SEP sur des souris génétiquement modifiées. Ces dernières ont développé dans presque 100% des cas des symptômes proches de la sclérose en plaques (une forme d’encéphalite, en anglais experimental autoimmune encephalitis).

Ces résultats ont permis de confirmer que des éléments de la microbiote de patients souffrant de SEP pouvaient avoir un rôle important dans l’activation des lymphocytes T, celles-ci mènent à la SEP en détruisant notamment des cellules ou molécules (ex. myéline) du cerveau. Des scientifiques de l’Institut Max-Planck de Neurologie à Munich en Allemagne ainsi que de l’Université de Californie à San Francisco aux États-Unis ont participé à cette étude.

Les scientifiques estiment que cela prendra encore des années pour mettre au point des méthodes de diagnostic et de traitements pour la SEP, si éventuellement les résultats sont confirmés par d'autres études.

Cette étude a été publiée (en anglais approved) le 7 août 2017 dans le journal scientifique PNAS (Proceedings of the National Academy of Sciences).

Le 15 septembre 2017. Par Xavier Gruffat (pharmacien). Sources : article de l’ATS publié sur la version allemande de Pharmapro.ch, communiqués de presse de l’étude, Creapharma.ch (voir références en bas de l’article Sclérose en plaques sur le site Creapharma.ch). Référence DOI de l'étude : doi: 10.1073/pnas.1711235114

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