Traitements GLP-1 : plus d'effets indésirables pour les plus efficaces
Lutte contre l'obésité
PARIS - Les traitements GLP-1 contre l'obésité les plus efficaces sont aussi ceux qui provoquent le plus d'effets indésirables, selon une vaste synthèse des études disponibles, publiée le jeudi 9 juillet 2026. L'ensemble de ces médicaments n'ont en outre guère d'effet avéré sur la qualité de vie.
"Les bénéfices les plus importants sont généralement associés à davantage d'effets indésirables, de contraintes pour les patients et d'abandons", concluent les auteurs de ce travail, paru dans la revue BMJ (DOI : 10.1136/bmj-2026-372161) et réalisé à partir de plus de 200 études sur les traitements GLP-1. Dans le détail, ils ont recensé 262 essais cliniques éligibles, portant sur 99'791 participants (âge moyen : 49 ans ; 63 % de femmes ; IMC moyen : 35), qui évaluaient 19 médicaments contre l'obésité, existants ou en cours de développement, avec une durée de suivi comprise entre 12 et 172 semaines.
Les traitements GLP-1, initialement développés contre le diabète, sont désormais utilisés pour favoriser la perte de poids, une indication dans laquelle ils ont montré une efficacité sans équivalent.
La recherche compare les traitements, leur efficacité et leurs inconvénients, en premier lieu des effets secondaires pénibles dont souvent des troubles digestifs tels nausées et vomissements.
Jusqu'à 15% de perte de poids
L'étude montre que les traitements GLP-1 les plus efficaces sont le tirzépatide, commercialisé sous le nom Mounjaro par le groupe pharmaceutique Eli Lilly, et le CagriSema, médicament en cours de développement par son concurrent Novo Nordisk qui associe la molécule GLP-1 sémaglutide avec un autre principe actif, le cagrilintide. Avec ces deux traitements, la perte de poids est de l'ordre de 15%.
Pour le sémaglutide seul, commercialisé sous la marque Wegovy, la perte de poids n'est que d'environ 10%. En revanche, le sémaglutide seul est, avec le tirzépatide, l'un des seuls GLP-1 à montrer des résultats réellement probants pour réduire les risques cardiovasculaires, un point sur lequel cette famille de traitements est pourtant largement jugée prometteuse.
Plus généralement, alors que les experts cherchent à évaluer à quel point les bénéfices des GLP-1 justifient des effets secondaires parfois lourds, aucun de ces médicaments n'a, selon ce travail, démontré qu'il améliorait dans son ensemble la qualité de vie des patients. Mais le recul, en la matière, reste encore limité et les auteurs appellent à des études au plus long cours.
Le 9 juillet 2026. Source: ats afp (via Keystone-ATS) et communiqué de presse de l'étude en anglais via Eurekalert.org - adaptation et contrôle par Xavier Gruffat (pharmacien). Crédits photos: Adobe Stock, Pixabay ou Pharmanetis Sàrl (Creapharma.ch).