Le pollen, un problème de plus en plus présent en Suisse


BERNE - Éternuements, démangeaisons des yeux, nez bouché: le rhume des foins touche une partie importante de la population suisse et ce nombre pourrait même augmenter dans un avenir proche. Comment dès lors expliquer cela et quelle est la gravité réelle du rhume des foins ? Voici les questions et réponses les plus importantes.


POURQUOI CERTAINS PERSONNES SOUFFRENT-ELLES DU RHUME DES FOINS ?

Comme toutes les allergies, le rhume des foins est une réaction inappropriée du système immunitaire. Lorsque des pollens inoffensifs pénètrent dans les voies respiratoires, le système immunitaire des personnes concernées identifie à tort certaines protéines de ces pollens comme des intrus dangereux et commence à se défendre contre eux.

Pour ce faire, il produit certaines substances défensives, appelées anticorps IgE. Lorsque le pollen entre à nouveau en contact avec les muqueuses du nez, des yeux ou des voies respiratoires, ces anticorps provoquent la libération d'histamine, une substance messagère. Celle-ci incite l'organisme à lutter contre les intrus. Cette "lutte" entraîne les réactions allergiques typiques telles que nez qui coule ou bouché, démangeaisons, yeux larmoyants et difficultés respiratoires.

COMBIEN DE PERSONNES SONT CONCERNÉES ?

Selon les données de l'Académie suisse des sciences naturelles (SCNAT) datant de 2024, environ une personne sur cinq en Suisse est concernée. Toutefois, en raison du changement climatique, ce chiffre est en augmentation selon la SCNAT. Ainsi, en 1926, on estimait que seulement 0,8 % de la population était allergique. Certaines études suggèrent que la fréquence du rhume des foins en Suisse s'est stabilisée depuis les années 1990, mais selon l'Académie, seules quelques études fournissent des données représentatives ou des données à long terme.

QUELLE EST LA GRAVITÉ DU RHUME DES FOINS ?

Le rhume des foins n'est pas une maladie bénigne, souligne l'hôpital universitaire de Zurich sur son site web. Si l'allergie au pollen n'est pas traitée, les symptômes s'aggravent chez de nombreuses personnes touchées. En médecine, on parle alors de "changement d'étage". La réaction allergique s'étend alors aux voies respiratoires inférieures, c'est-à-dire aux bronches, où elle provoque un asthme allergique.

Selon la SCNAT, les allergies au pollen ont également des conséquences économiques: en Suisse, elles représenteraient entre un et quatre milliards de francs suisses par an. Ce chiffre comprend à la fois les coûts directs liés aux médicaments ou aux hospitalisations et les coûts indirects liés à la baisse de productivité et aux jours d'école et de travail manqués.

QUE PEUVENT FAIRE LES PERSONNES CONCERNÉES ?

Il est conseillé aux personnes souffrant du rhume des foins de consulter un médecin. Différents médicaments sont disponibles pour traiter les symptômes. Selon l'hôpital universitaire de Zurich, un traitement adapté permet de maîtriser les symptômes aigus du rhume des foins et d'empêcher leur aggravation. Une désensibilisation peut également réduire le risque de développer d'autres allergies. Dans certains cas, les personnes malades ne présentent même plus aucun symptôme.

COMMENT CONTRACTE-T-ON LE RHUME DES FOINS ? L'ALLERGIE AU POLLEN EST-ELLE HÉRÉDITAIRE ?

Oui, le rhume des foins a une composante génétique. Si la mère et le père sont déjà touchés, le risque de rhume des foins chez leurs enfants augmente à plus de 60 % selon l'USZ, par contre, si ni les parents ni les frères et sœurs ne sont allergiques, ce risque diminue à 15%.

Toutefois, outre la prédisposition génétique, certains facteurs environnementaux jouent également un rôle. L'hygiène en fait partie: lorsque les personnes sont exposées à une moindre diversité de micro-organismes, le développement du système immunitaire peut être altéré. Le corps réagit alors de manière excessive à des pollens relativement inoffensifs, comme le montre notamment une étude suisse. Publiée en 2001 dans la revue spécialisée "The Lancet", l'étude intitulée Scarpol a souligné que les enfants qui grandissent dans des fermes souffrent moins souvent d'allergies au pollen, d'asthme et de sensibilisations allergiques.

Plusieurs études indiquent également que les polluants atmosphériques tels que les particules fines ou l'ozone sont associés à un risque accru de certaines allergies. Cependant, ces études ne prouvent pas l'existence d'un lien de causalité, tandis que d'autres études ont montré que les polluants atmosphériques peuvent augmenter la perméabilité de l'épithélium des voies respiratoires, facilitant ainsi l'accès des allergènes au système immunitaire. Cela pourrait expliquer comment la pollution atmosphérique influence le développement des allergies.

QUEL EST LE RÔLE DU CHANGEMENT CLIMATIQUE DANS TOUT CELA ?

Selon la SCNAT, le changement climatique a conduit de nombreuses plantes allergènes à libérer leur pollen plus tôt et avec une intensité accrue. De plus, le changement climatique favorise la propagation de plantes envahissantes et fortement allergènes telles que l'ambroisie.

Selon une étude publiée en 2021 dans la revue spécialisée "Science of the Total Environment", la saison pollinique des noisetiers et des graminées a été avancée de deux semaines en moyenne au cours des 30 dernières années.

Le 2 février 2026. Sources : Keystone-ATS. Crédits photos: Adobe Stock, Pixabay ou Pharmanetis Sàrl (Creapharma.ch).

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