Un vaccin combiné réduirait de moitié le risque de récidive du mélanome

Congrès ASCO


CHICAGO - Une thérapie combinée permettrait apparemment de réduire de moitié environ les récidives du mélanome. Tels sont les résultats à cinq ans d'une étude présentée lundi 1er juin lors du congrès de l'Association américaine d'oncologie clinique (ASCO) à Chicago. L'ASCO est de loin le premier congrès mondial sur l'ongologie.

Cette étude ne constitue pas encore une base suffisante pour l’autorisation de cette stratégie thérapeutique par les autorités de santé comme la FDA. Un essai clinique de phase III à grande échelle portant sur l’efficacité et la tolérance est toutefois déjà en cours.

La nouvelle stratégie thérapeutique combine deux approches. D'une part, les patients ont reçu le médicament pembrolizumab. Il s'agit d'un inhibiteur de point de contrôle qui réactive les défenses immunitaires de l'organisme contre les cellules tumorales. D'autre part, un vaccin à ARNm individuel appelé intismeran a été fabriqué pour chaque participant. Celui-ci contient les instructions de fabrication de jusqu'à 34 caractéristiques spécifiques de la tumeur concernée et vise à déclencher une réponse immunitaire ciblée.


Nettement moins de récidives après cinq ans

L'étude a porté sur 157 patients atteints d'un mélanome avancé dont les tumeurs avaient été préalablement retirées par chirurgie. 107 d'entre eux ont reçu le traitement combiné, tandis que 50 participants ont été traités uniquement par pembrolizumab. Après une période d’observation moyenne de cinq ans, le risque de récidive était inférieur de 49 % dans le groupe recevant le traitement combiné.

Le taux de survie sans récidive s’élevait à 68,8 % contre 49,1 % dans le groupe témoin. Une tendance à une meilleure survie globale était également observable, mais n’était pas statistiquement significative en raison du faible nombre de cas.

Les premiers résultats de la grande étude d’efficacité (phase III) déjà en cours, contenant des informations pertinentes pour une éventuelle autorisation de la nouvelle thérapie par les autorités de santé, pourraient être disponibles dès cette année. Il s’agirait de la première demande d’autorisation pour un tel vaccin anticancéreux.

Amélioration de l’immunothérapie

Le principe de ce médicament biotechnologique ou d’autres similaires visant à bloquer les points de contrôle immunitaires a révolutionné le traitement de nombreuses tumeurs ces dernières années. Au départ, il s’agissait du mélanome avancé. Depuis des décennies, le mélanome est considéré comme potentiellement attaquable sur le plan immunologique, car il présente de très nombreux « nouveaux » antigènes et la peau est un organe particulièrement efficace sur le plan immunologique.

Cependant, les coûts d'une telle thérapie combinée contre le mélanome seraient énormes. En 2025, l'inhibiteur de point de contrôle immunitaire pembrolizumab (Keytruda, du laboratoire américain MSD) était le médicament le plus vendu au monde, avec un chiffre d'affaires d'environ 27,7 milliards d'euros. Le vaccin qui vient d’être testé doit être produit pour chaque patient individuellement. Cela s’apparente à la procédure utilisée avec les cellules CAR-T, notamment dans le traitement des leucémies. Les laboratoires pharmaceutiques impliqués justifient ainsi des prix très élevés.

Le 1 juin 2026. Source: Keystone-ATS (via l'allemand, traduit avec Deepl, supervision finale de Xavier Gruffat, pharmacien). Crédits photos: Adobe Stock, Pixabay ou Pharmanetis Sàrl (Creapharma.ch).

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